e-JIREF
Revue numérique de l'ADMEE

Editorial
Volume 2, Numéro 2

Pour citer cette page

Annick FAGNANT, «Editorial», e-JIREF [En ligne], e-JIREF, Volume 2, Numéro 2, mis à jour le : 20/01/2017, URL : http://www.e-jref.org/index.php?id=144.

Comme le précédent, ce numéro de e-JIREF est un « varia » comprenant quatre articles.

Trois textes sont proposés par des auteurs européens situés en Belgique, en France et au Luxembourg ; le quatrième texte est proposé par une équipe canadienne venant du Québec. Tout en constituant un « varia », les articles de ce numéro présentent néanmoins certaines convergences au niveau des thématiques abordées. Les trois textes européens touchent à une didactique disciplinaire : les sciences, et plus précisément l'énergie, pour la contribution d'Arnaud Dehon et d'Antoine Derobertmasure ; les mathématiques, et en particulier les premiers apprentissages algébriques, pour la contribution d'Isabelle Demonty et de Joëlle Vlassis ainsi que pour celle de Brigitte Grugeon1. Le texte canadien, proposé par Louise Bélair, Christine Lebel, Olivia Monfette, Geneviève Miron et Sylvie Blanchette, s'intéresse quant à lui à la formation initiale des enseignants, spécifiquement dans son volet d'accompagnement et d'évaluation des stages d'enseignement.

Si la contribution canadienne se situe sur un autre plan que les trois contributions européennes dans la mesure où elle ne s'attache pas à un domaine de contenu spécifique, on peut néanmoins noter que la question du développement professionnel des enseignants est présente en toile de fond de toutes les contributions. L'article canadien se centre sur les formateurs de terrain qui ont un rôle central à jouer pour oeuvrer au développement professionnel des futurs enseignants qu'ils reçoivent dans leurs classes. Les trois articles européens l'envisagent sous un angle spécifique au contenu-matière mobilisé. Ainsi, deux articles envisagent ce développement professionnel sous l'angle d'outils fournis aux 1 Les deux textes touchant aux premiers apprentissages algébriques sont issus d'un symposium du REF qui s'est tenu à Montréal en octobre 2015. Ce symposium intitulé « Regards croisés sur l'évaluation diagnostique » était coordonné par Nathalie Loye (Canada), Sébastien Béland (Canada), Géry Marcoux (Suisse) et Christophe Dierendonck (Luxembourg) autour d'une thématique intitulée « Regards croisés sur l'évaluation diagnostique ». Trois autres contributions issues de ce symposium vont être publiées dans le dernier numéro de 2016 de la revue Mesure et Evaluation en Education. DEMEUSE, M & FAGNANT, A. 6 Evaluer. Journal international de Recherche en Education et Formation, 2(2), pp. 5-7 enseignants pour diagnostiquer les compétences des élèves et pour remédier aux difficultés rencontrées (une valise pédagogique en sciences et un outil informatisé nommé Pépite dans le domaine des premiers apprentissages algébriques) et le troisième inscrit l'évaluation diagnostique des connaissances pour enseigner l'algèbre comme point d'ancrage au développement professionnel des enseignants. Enfin, dans toutes les contributions, un des enjeux majeurs est de proposer une évaluation qui puisse réellement être au service des apprentissages des élèves et/ou du développement professionnel des (futurs) enseignants.

La première contribution intitulée « Analyse des outils d'accompagnement et d'évaluation : point de vue des formateurs de terrain » est proposée par Louise Bélair, Christine Lebel et Olivia Monfette (Université du Québec à Trois-Rivières) en partenariat avec Geneviève Miron et Sylvie Blanchette (Commission scolaire des Chênes Québec). S'inscrivant dans le cadre de recherches collaboratives, l'article s'intéresse aux outils d'évaluation et aux échelles descriptives mis à disposition des formateurs de terrain pour encadrer les stagiaires qu'ils reçoivent dans leurs classes dans le cadre de la formation initiale des enseignants. Donnant la parole à ces formateurs de terrain, l'article met en évidence la difficulté de conjuguer des outils et des attentes parfois très divergentes entre les universités (voire au sein d'une même université). Il donne des pistes pour développer « un travail de fond misant entre autres sur les communautés de pratiques » (p. 22) en vue de développer des outils d'accompagnement et d'évaluation permettant des prises de décision plus équitables « quant aux niveaux de compétences développés par le stagiaire à travers les critères d'efficience, de pertinence cognitive et d'efficacité » (p. 22).

Le deuxième texte, co-écrit par Arnaud Dehon et Antoine Derobertmasure (Université de Mons) s'intitule « Evaluer les représentations des apprenants en sciences : application d'une méthode d'analyse ». L'étude présentée ici s'inscrit dans le cadre d'une recherche plus large (Demeuse, Gillis, Dehon, Derobertmasure, Fauconnier, Lo Bue, & Mélin, 2008) développée suite aux résultats de l'enquête PISA ayant révélé des lacunes dans l'enseignement des sciences en Belgique francophone. Se situant dans le champ de la didactique des sciences et d'une approche (socio)constructiviste, les auteurs s'appuient sur un exemple traitant de l'énergie éolienne pour illustrer une méthode visant à opérationnaliser et à analyser les représentations des élèves dans une visée diagnostique. Leurs analyses portent sur les représentations produites par 119 élèves du début de l'enseignement secondaire à qui il était demandé de réaliser le schéma du fonctionnement d'une éolienne. Tout en montrant la richesse des informations qui peuvent être obtenues au départ des représentations schématiques produites par les élèves, le texte discute aussi des limites de l'approche et, notamment, de « l'incidence de la situation d'émergence des représentations sur les représentations elles-mêmes » (p. 42).

Isabelle Demonty et Joëlle Vlassis (Université du Luxembourg) proposent un texte dont le titre est « Evaluer les connaissances pour enseigner l'algèbre élémentaire : élaboration d'un outil diagnostique ». S'appuyant notamment sur les travaux anglo-saxons qui se sont attachés à définir les différentes facettes des « connaissances mathématiques pour enseigner » (Hill, Ball & Schilling, 2008), leur article présente les différentes étapes de développement d'un questionnaire ayant pour objectif d'évaluer les connaissances des professeurs de mathématiques du début de l'enseignement secondaire dans le domaine de l'enseignement et 2 Cette première contribution présente certaines complémentarités avec deux numéros thématiques publiés précédemment dans e-JIREF : l'un portant sur l'évaluation des stages en enseignement (coordonné par André & Zinguinian, 2015) ; l'autre sur les recherches collaboratives sur le développement professionnel des enseignants et des formateurs en matière d'évaluation (coordonné par Morissette & Tessaro, 2015). Editorial www.e-jiref.education 7 de l'apprentissage de l'algèbre élémentaire. Les auteurs exposent le cadre conceptuel ayant présidé à la construction des situations proposées et des grilles d'analyse réalisées, ainsi que les études pilotes ayant conduit à la validation du questionnaire. L'article montre la complexité de construire une évaluation diagnostique à destination des enseignants et pointe « le caractère multidimensionnel des connaissances pour enseigner, même dans un domaine circonscrit comme l'algèbre élémentaire » (p. 45).

Enfin, le dernier texte, rédigé par Brigitte Grugeon-Allys (Université Paris Est Créteil) s'intitule « Modéliser le profil diagnostique des élèves dans un domaine mathématique et l'exploiter pour gérer l'hétérogénéité des apprentissages en classe : une approche didactique multidimensionnelle ». S'appuyant sur le cadre conceptuel de la didactique des mathématiques telle que définie dans le cadre de la « théorie Anthropologique du Didactique » de Chevallard (1999) notamment, elle présente les fondements théorique et méthodologique ayant présidé à la construction d'une évaluation diagnostique au service des apprentissages algébriques en début d'enseignement secondaire. Ce cadre conceptuel est concrétisé au travers du programme Pépite qui offre un diagnostic automatisé et peut être utilisé dans les classes au service d'une régulation de l'enseignement, comme illustré dans le dernier point de cet article.